
Une régie événementielle, c'est un compromis entre puissance broadcast et mobilité terrain. Voici pourquoi nous avons choisi de la concevoir sur deux carts distincts plutôt qu'un seul, et ce que ce choix change concrètement en production.
Quand on conçoit une régie multicam mobile, le premier réflexe est de tout concentrer sur un cart unique : ATEM, Videohub, console audio, contrôleurs PTZ, monitoring, sources. C'est intuitivement plus simple : moins de câbles inter-carts, moins d'unités à transporter, moins de m² à occuper sur le site.
Et pourtant, toutes les régies broadcast événementielles que nous respectons sont organisées sur plusieurs unités fonctionnelles distinctes. Pourquoi ?
Parce qu'une régie multicam, ce n'est pas un assemblage de matériel — c'est un environnement de travail pour des humains qui ont des rôles différents. Et ces humains ne peuvent pas tous travailler dans le même mètre carré.
Décortiquons une captation multicam typique. Il y a au minimum trois rôles techniques distincts :
Vouloir faire cohabiter ces trois rôles autour d'un cart unique, c'est garantir qu'au moins l'un des trois travaillera dans des conditions dégradées. Le mixeur audio entendra le réalisateur dans son casque, l'ingévision sera coupé par les talkbacks, le réalisateur ne pourra pas se concentrer sur le multiview.
Chez Live Designers Studio, nous avons résolu ce problème en répartissant la régie sur deux Tilta Boulder 36" Camera Cart distincts. Pas un compromis, pas une demi-mesure : deux unités fonctionnelles complètes, chacune dédiée à un domaine.
Tout ce qui touche à la vidéo est sur le Cart 1 :
Le Cart 1 est piloté principalement par le réalisateur, avec un ingévision en seconde position pour le shading des FR7 (qui a accès direct au Cart 2 pour ses contrôleurs SKAARHOJ).
Tout ce qui touche à l'audio et au pilotage PTZ est sur le Cart 2 :
Le Cart 2 est piloté par le mixeur audio en position principale, avec l'ingévision en accès direct sur les contrôleurs SKAARHOJ.
Selon le site, l'espace disponible pour la régie peut être généreux ou très contraint. Avec deux carts séparés, on adapte la configuration en fonction du lieu :
Avec un cart unique, aucune de ces configurations n'est possible. On est forcés à un seul agencement, qui ne fonctionne qu'à 50% des événements.
Le mixeur audio travaille au casque (HD650 ou équivalent broadcast). Il a besoin d'entendre les retours scène, les micros speakers, le mix de programme — pas le réalisateur qui parle aux opérateurs caméra dans le talkback.
Avec deux carts séparés, le mixeur audio peut s'écarter physiquement du Cart 1, mettre 3 mètres entre lui et la régie vidéo, et travailler dans son monde sonore propre. Le résultat audio s'en ressent immédiatement : moins de fatigue auditive, meilleur jugement de mix, moins d'erreurs sur les retours.
Une régie sur deux carts physiques distincts, c'est aussi deux unités d'alimentation distinctes (chaque cart a son UPS, ses multiprises, ses circuits). Si une panne secteur affecte un cart, l'autre continue à tourner sur batterie. Si quelqu'un trébuche sur un câble du Cart 1, le Cart 2 n'est pas impacté.
Sur un cart unique, tout est sur le même circuit électrique. Une panne, un disjoncteur qui saute, un onduleur qui flanche, et toute la régie tombe d'un coup.
Quand on déploie en équipe (2-3 techs), avoir deux carts physiques distincts permet de paralléliser le setup : un tech sur le Cart 1, un tech sur le Cart 2. Branchements, vérifications, calages se font en parallèle. Sur un cart unique, on est forcément en série, et le temps de déploiement double.
Tous les événements n'ont pas besoin de la régie complète. Pour une captation simple à deux caméras avec un peu de streaming, le Cart 1 seul suffit (l'audio se branche directement sur l'ATEM en XLR). C'est une offre plus accessible pour les budgets serrés.
Inversement, sur un événement très exigeant côté audio (concert, captation musicale), on peut renforcer le Cart 2 avec une console plus large sans toucher au Cart 1. La modularité par cart, c'est aussi une modularité commerciale.
Pour être complet : il y a deux inconvénients réels à l'architecture deux-carts.
Il faut tirer plusieurs câbles entre les deux carts : SDI (PGM vers Sound Dept Monitor), Ethernet (les SKAARHOJ et iPads sont sur le réseau régie hébergé par le Cart 1), audio (XLR L/R de la DM3 vers l'ATEM). Sur des distances supérieures à 5-6 mètres, il faut prévoir des câbles plus longs et un peu de gestion.
C'est gérable. Sur la majorité de nos déploiements, 5-6 mètres de câbles inter-carts suffisent largement.
Deux carts de 90 cm de large prennent forcément plus de place qu'un seul. Sur les sites très contraints (sous-pente, coursives étroites), c'est à anticiper.
Là encore, c'est gérable : on visite les sites en amont, on dimensionne la régie en fonction. Et dans 95% des cas, le bénéfice acoustique et fonctionnel surpasse largement la contrainte d'encombrement.
Pas pour tout le monde. Si vous faites une captation à deux caméras et un seul micro speaker, un cart unique est sans doute suffisant.
Mais elle devient incontournable dès que :
Notre choix de deux Tilta Boulder 36" spécialisés plutôt qu'un cart unique est le résultat d'années d'observation de ce qui se passe vraiment dans une régie événementielle pendant un show. Ce n'est pas une contrainte, c'est un parti pris architectural — et il paie en fiabilité, en confort de travail, et en qualité de production.




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