
Le projet s’inscrivait dans un moment charnière pour Dorina : la marque revisite sa ligne éditoriale et redéfinit la manière dont elle s’adresse à son public. Avant même les choix de plans, cela implique d’aligner le film sur les valeurs, l’énergie et le ton souhaités, afin de proposer un contenu institutionnel cohérent avec ce nouveau positionnement, sans surinterpréter ni artificiellement “mettre en scène” le message.
Notre travail a consisté à construire une narration visuelle au plus près des réalités du produit et de sa fabrication, en s’appuyant sur des situations authentiques plutôt que sur des dispositifs lourds. Cette approche permet de conserver une image juste de la marque, tout en apportant un regard structuré : rythme, choix de cadres, détails matière, gestes de production, et transitions pensées pour servir un film clair et lisible.
Le tournage vidéo s’est effectué en même temps que le shooting photo de la collection, avec une priorité donnée à la production photo. Cette configuration réduit mécaniquement le temps d’accès aux modèles et impose de s’insérer dans un planning déjà contraint. Chaque séquence devait être captée entre deux prises, souvent sur des créneaux très courts, sans interrompre le déroulé du plateau.
Dans ce contexte, la méthode repose sur une équipe prête à tourner immédiatement, des choix de plans rapides et une capacité à exploiter les opportunités dès qu’elles se présentent. L’enjeu est de capter des images exploitables, cohérentes et esthétiques, tout en conservant une empreinte minimale sur le set. La précision de la coordination (timing, déplacements, disponibilité des modèles et de l’équipe photo) devient un paramètre central de la qualité finale.
La contrainte de temps était déterminante : en trois jours, il fallait réunir l’ensemble des séquences nécessaires au film, en tenant compte de l’agenda du shooting. Cette compression du planning oblige à anticiper chaque moment disponible, à hiérarchiser les images indispensables et à rester flexible lorsque l’ordre des prises photo change ou qu’un accès se réduit. La production se joue alors autant sur le terrain qu’en amont, dans la préparation et l’organisation.
Cette exigence de réactivité n’exclut pas la rigueur : il s’agit de sécuriser suffisamment de variété (ambiances, détails, plans de contexte) pour construire un récit fluide en post-production, sans incohérence visuelle. Le projet illustre une réalité fréquente en contenu de marque : réussir un film institutionnel dans un cadre partagé, en s’adaptant au rythme du plateau tout en conservant une intention claire. Au final, la réussite tient à la coordination, à la précision des choix de tournage et à la capacité à capter juste, au bon moment.